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  µµ½ÃÀ§¿¡ °¡º±°Ô ºñ³»¸®³×          Il Pleut Doucement Sur La Ville
                                               A light rain is falling over the town
  ³ªÀÇ ¹æ¶û»ýȰ                           Ma Boheme
  °¨°¢                                       Sensation
  ¸ðÀ½                                       Voyelles
  ÃëÇÑ ¹è                                   Le Bateau ivre
  Áö¿Á¿¡¼­ º¸³½ ÇÑ Ã¶-1.¼­½Ã         Une Saison en Enfer -1.
                                      

µµ½Ã À§¿¡ °¡º±°Ô ºñ ³»¸®³×
 
                               ¾Æ¸£¶Ù¸£ ·Àº¸


³» ¸¶À½Àº ¿ï°í ÀÖ´Ù³×
µµ½Ã À§¿¡ ºñ ³»¸®µí ;

ÀÌ ¿ì¼ö´Â ¹«¾ùÀϱî,
³» ¸¶À½¿¡ ÆÄ°íµå´Â ÀÌ ¿ì¼ö´Â


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³» Áö°Ü¿î ¸¶À½À» À§ÇØ
¿À ºñÀÇ ³ë·¡¿©!


ÀÌÀ¯ ¾øÀÌ ¿ì´Â±¸³ª,
ÀÌ ¿ª°Ü¿öÁø ¸¶À½Àº.

¹¹¶ó°í! ¹è¹ÝÀº ¾ø´Ù°í?...
ÀÌ ½½ÇÄÀº ÀÌÀ¯°¡ ¾ø±¸³ª.


°¡Àå ³ª»Û °íÅëÀ̱¸³ª,
ÀÌÀ¯¸¦ ¸ð¸£´Â °ÍÀº

»ç¶ûµµ ¾øÀÌ Áõ¿Àµµ ¾øÀÌ
³» ¸¶À½Àº ±×Åä·Ï ¸¹Àº ¾ÆÇÄÀ» °¡Áö°í ÀÖ±¸³ª!



Il Pleut Doucement Sur La Ville

                 - Arthur Rimbaud


Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville ;

Quelle est cette langueur

Qui penetre mon coeur?


Oh bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits!

Pour mon coeur qui s'ennuie

Oh le chant de la pluie!


Il pleure sans raison

Dans ce coeur qui s'ecoeure.

Quoi! Nulle trahison?...

Ce deuil est sans raison.


C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon coeur a tant de peine!



A light rain is falling over the town

                     - Arthur Rimbaud


My heart is weeping

As it rains over the town ;

What is this languor

Which is penetrating my heart?


Oh soft sound of the rain

On the ground and on the roofs!

For a heart which is board

Oh the song of the rain!


It weeps for no reason

In this heart which is disheartened

What! No betrayal?...

This mourning is for no reason


It is by far the worst pain

Not knowing why

No love, no hate

My heart has so much pain!



³ªÀÇ ¹æ¶û »ýȰ

                       - ·©º¸


³­ ½î´Ù³æÁö, ÅÍÁø ÁÖ¸Ó´Ï¿¡ ¼Õ Áý¾î³Ö°í,
©¸·ÇÑ ¿ÜÅõ´Â °ü³äÀûÀÌ°Ô µÇ¾úÁö,

³ª´Â ÇÏ´Ã ¾Æ·¡ ³ª¾Æ°¬°í, ½ÃÀÇ ¿©½ÅÀÌ¿©! ±×´ëÀÇ Ãæº¹À̾ú³×,
¿À, ¶ö¶ó! ³­ ¾ó¸¶³ª ¸¹Àº »ç¶ûÀ» ²Þ²Ù¾ú´Â°¡!

³» ´Ü¹ú ¹ÙÁö¿¡´Â Ä¿´Ù¶õ ±¸¸ÛÀÌ ³µ¾úÁö.
-²Þ²Ù´Â ¾öÁöµ¿ÀÚÀÎÁö¶ó, ¿îÇà Áß¿¡ °¢¿îµéÀ» Çϳª¾¿ ¶³¾î¶ß·ÈÁö.

 ÁÖ¸·Àº Å«°õÀÚ¸®¿¡ ÀÖ¾ú°í.
-Çϴÿ¡¼± ³» º°µéÀÌ ºÎµå·´°Ô »ì¶û°Å·ÈÁö.

ÇÏ¿© ³ª´Â ±æ°¡¿¡ ¾É¾Æ º°µéÀÇ »ì¶û°Å¸²¿¡ ±Í±â¿ï¿´Áö,

±× ¸ÚÁø ±¸¿ù Àú³á³ªÀý¿¡, À̽½ ¹æ¿ïÀ»
¿ø±â µ¸±¸´Â ¼úó·³ À̸¶¿¡ ´À³¢¸é¼­,

ȯ»óÀûÀÎ ±×¸²ÀÚµé »çÀÌ¿¡¼­ ¿îÀ» ¸ÂÃß°í,

ÇѹßÀ» °¡½¿ °¡±îÀÌ ¿Ã¸° ä,
ÅÍÁø ±¸µÎÀÇ ²öÀ» ¸®¶ó Ÿµí Àâ¾Æ´ç±â¸é¼­!



Ma Boheme

                       - Arthur Rimbaud


Je m'en allais, les poings dans mes poches crevees ;

Mon paletot aussi devenait ideal :

J'allais sous le ciel, Muse! et J'etais ton feal :

Oh! la! la! que d'amours splendides j'ai revees!


Mon unique culotte avait un large trou.

- Petit-Poucet reveur, j'egrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge etait a la Grande-Ourse.

- Mes etoiles au ciel avaient un doux frou-frou


Et je les ecoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre ou je sentais des gouttes

De rosee a mon front, comme un vin de vigueur ;


Ou, rimant au milieu des ombres fantastiques, ,

Comme des lyres, je tirais les elastiques

De mes couliers blesses, un pied pres de mon coeur!



°¨°¢

                     - ·©º¸


¿©¸§ ¾ßûºû Àú³áÀÌ¸é µé±æÀ» °¡¸®¶ó,
¹ÐÀÙ¿¡ Âñ¸®°í, ÀÜÇ®À» ¹âÀ¸¸ç.

ÇÏ¿© ¸ù»ó°¡ÀÇ ¹ß ¹ØÀ¸·Î ±× ½Å¼±ÇÔ ´À³¢¸®.
¹Ù¶÷Àº ÀúÀý·Î ³» ¸Ç¸Ó¸®¸¦ ¾Ä°ÜÁÖ°ÚÁö.


¸»µµ ¾Ê°í, »ý°¢µµ ¾ÊÀ¸¸®.
±×·¯³ª ÇѾø´Â »ç¶ûÀº ³» ³Ì ¼Ó¿¡ ÇǾî¿À¸£¸®´Ï,

³ª´Â °¡¸®¶ó, ¸Ö¸®, Àú ¸Ö¸®, º¸Çì¹Ì¾Èó·³,
°èÁý¾Ö µ¥·Á°¡µí ÇູÇϰÔ, ÀÚ¿¬ ¼ÓÀ¸·Î.

 

Sensation

                     - Arthur Rimbbaud
 

Par les soirs bleus d'ete, j'irai dans les sentiers.

Picote par les bles, fouler l'herbe meunue :

Reveur, j'en sentirai la fraicheur a mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tete nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'ame,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohemien,

Par la Nature, -heureux comme avec une femme.



¸ðÀ½

                         - ·©º¸

 
°ËÀº A, Èò E, ºÓÀº I, Ǫ¸¥ U, ÆÄ¶õ O: ¸ðÀ½µéÀÌ¿©,
¾ðÁ¨°¡´Â ³ÊÈñµéÀÇ º¸ÀÌÁö ¾Ê´Â ź»ýÀ» ¸»Çϸ®¶ó.

A, Áöµ¶ÇÑ ¾ÇÃë ÁÖÀ§¿¡¼­ À®À®°Å¸®´Â
ÅÍÁú µíÇÑ ÆÄ¸®µéÀÇ °ËÀº ÄÚ¸£¼Â,


¾îµÒÀÇ ¸¸(ؽ); E, ±â¼±°ú õ¸·ÀÇ ¼ø¹é(âíÛÜ),
â ¸ð¾çÀÇ ´ç´çÇÑ ºùÇϵé; ÇÏ¾á ¿Õµé, »êÇüÈ­µéÀÇ »ì¶û°Å¸².

I, ÀÚÁÖÁ¶°³µé, ÅäÇÑ ÇÇ, ºÐ³ë³ª
ȸ°³ÀÇ µµÃë°æ ¼Ó¿¡¼­ ¿ô´Â ¾Æ¸§´Ù¿î ÀÔ¼ú.


U, ¼øÈ¯ÁÖ±âµé, ÃÊ·Ï ¹Ù´ÙÀÇ ½Å¼ºÇÑ ¹°°áħ,

µ¿¹°µéÀÌ Èð¾îÁ® ÀÖ´Â ¹æ¸ñÀåÀÇ ÆòÈ­, ¿¬±Û¼ú»çÀÇ
Ä¿´Ù¶õ Çб¸ÀûÀÎ À̸¶¿¡ »õ°ÜÁø ÁÖ¸§»ìÀÇ ÆòÈ­.


O, ÀÌ»óÇÑ ±Ý¼Ó¼º ¼Ò¸®·Î °¡µæÂù ÃÖÈÄÀÇ ³ªÆÈ,

¿©·¯ ¼¼°èµé°ú õ»çµéÀÌ °¡·ÎÁö´Â ħ¹¬,
¿À, ¿À¸Þ°¡¿©, ±×³à ´«ÀÇ º¸¶ùºû Å׵θ®¿©!



Voyelles

                           - Arthur Rimbaud

 
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes:,

A, noir corset velu des mouches eclatantes

Qui bombillent autour des puanteurs cruelles,


Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles;

I, pourpres, sang crache, rire des levres belles

Dans la colere ou les ivresses penitentes ;


U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des patis semes d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;


O, supreme Clairon plein des strideurs etranges,

Silences traverses des Mondes et des Anges :

-O l'Omega, rayon violet de Ses Yeux!



ÃëÇÑ ¹è

                       - ·©º¸


À¯À¯ÇÑ °­¹°À» Ÿ°í ³»·Á¿Ã Àû¿¡,
´õ ÀÌ»ó ¼öºÎµé¿¡°Ô À̲ø¸®´Â ´À³¦Àº ¾Æ´Ï¾ú¾î

È«ÇÇÁ·µé ¿ä¶õ½º·¹ ±×µéÀ» °ø°ÝÇß¾úÁö,
»ö»öÀÇ ±âÁß¿¡ ¹ß°¡¹þ°Ü ¹­¾î ³õ°í¼­


Çöûµå¸£ ¹Ð°ú ¿µ±¹ ¼ØÀ» Á® ³ª¸£´Â
¼±¿øµéÀÌ¾ß ³» ¾Ë ¹Ù ¾Æ´Ï¾ú¾î,

¹è¸¦ ²ô´Â ¼öºÎµé°ú ÇÔ²² ±× ºÏ»õÅëÀÌ ³¡³µÀ» ¶§
³ª °¡°í ½ÍÀº µ¥·Î ¹°»ì¿¡ ½Ç·Á ³»·Á¿ÔÀ¸´Ï,


°ÝÇÏ°Ô Ãâ··ÀÌ´Â Á¶¼ö¿¡ ÈÖ¸»¸° Áö³­ °Ü¿ï,
³­, ³ë¾Æº¸´Ù ´õ ³Ë³ËÇÑ °ñÀ» ½ÎÀâ°í

ÇìÃÄ ³ª°¬Áö! ¶°³»·Á°£ À̺£¸®¾Æ ¹Ýµµµµ
±×ó·³ ÀDZâ¾ç¾çÇÑ È¥µ·À» °ÞÁö´Â ¸øÇßÀ» °Å¾ß,


°Ý¶ûÀº ³»°¡ Ç×Çà¿¡ ´«¶á °ÍÀ» Ãàº¹ÇØ ÁÖ¾ú¾î,
ÄÚ¸£Å© ¸¶°³º¸´Ù ´õ °¡º­ÀÌ ³ª´Â ÃãÃß¾úÁö,

²÷ÀÓ¾øÀÌ Á¦¹°À» ¸»¾Æ¸Ô´Â´Ù´Â ¹°°á À§¿¡¼­,
¿­Èê ¹ãÀ», ¹îÃÊ·ÕÀÇ È帮¸ÛÅÖÇÑ ´«ºûÀ» µå¸®Áöµµ ¾ÊÀ¸¸ç!


¼ÅÃ÷¸¦ ÁþÂõÀ» µí
¸ðÁø °Ü¿ï¹Ù¶÷¿¡,



Le Bateau ivre

                     - Arthur Rimbaud


Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guide par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloues nus aux poteaux de couleurs.


J'etais insoucieux de tous les equipages,
Porteur de bles flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laisse descendre ou je voulais.


Dans les clapotements furieux des marees
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Peninsules demarrees
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.


La tempete a beni mes eveils maritimes.
Plus leger qu'un bouchon j'ai danse sur les flots
Qu'on appelle rouleurs eternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !


Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte penetra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin


Et des lors, je me suis baigne dans le Poeme
De la Mer, infuse d'astres, et lactescent,
Devorant les azurs verts ; ou, flottaison bleme
Et ravie, un noye pensif parfois descend ;


Ou, teignant tout a coup les bleuites, delires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs ameres de l'amour !


Je sais les cieux crevant en eclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltee ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !


J'ai vu le soleil bas, tache d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils a des acteurs de drames tres-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !


J'ai reve la nuit verte aux neiges eblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des seves inouies,
Et l'eveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !


J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hysteriques, la houle a l'assaut des recifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Oceans poussifs !


J'ai heurte, savez-vous, d'incroyables Florides
Melant aux fleurs des yeux de pantheres a peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, a de glauques troupeaux !


J'ai vu fermenter les marais enormes, nasses
Ou pourrit dans les joncs tout un Leviathan !
Des ecroulement d'eau au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !


Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Echouages hideux au fond des golfes bruns
Ou les serpents geants devores de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !


J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des ecumes de fleurs ont berce mes derades
Et d'ineffables vents m'ont aile par instants.


Parfois, martyr lasse des poles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme a genoux...


Presque ile, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds
Et je voguais, lorsqu'a travers mes liens freles
Des noyes descendaient dormir, a reculons !


Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jete par l'ouragan dans l'ether sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repeche la carcasse ivre d'eau ;


Libre, fumant, monte de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poetes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur,


Qui courais, tache de lunules electriques,
Planche folle, escorte des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler a coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;


Moi qui tremblais, sentant geindre a cinquante lieues
Le rut des Behemots et les Maelstroms epais,
Fileur eternel des immobilites bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !


J'ai vu des archipels sideraux ! et des iles
Dont les cieux delirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, o future Vigueur ? -


Mais, vrai, j'ai trop pleure ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'acre amour m'a gonfle de torpeurs enivrantes.
O que ma quille eclate ! O que j'aille a la mer !


Si je desire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide ou vers le crepuscule embaume
Un enfant accroupi plein de tristesses, lache
Un bateau frele comme un papillon de mai.


Je ne puis plus, baigne de vos langueurs, o lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.



Áö¿Á¿¡¼­ º¸³½ ÇÑ Ã¶

                             - ·©º¸


1.¼­½Ã

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  ¿Â°® ¼úµéÀÌ Èê·¯´Ù´Ï´Â ÇϳªÀÇ ÃàÁ¦¿´´Ù.


  ¾î´À³¯ Àú³á ³ª´Â Ú¸¸¦ ³» ¹«¸­¿¡ ¾ÉÇû´Ù.
  ±×·¯°íº¸´Ï Áöµ¶ÇÑ Ä¡¿´´Ù- ±×·¡¼­ ¿åÀ» ÆÛºÎ¾î ÁÖ¾ú´Ù.

  ³ª´Â Á¤ÀÇ¿¡ Ç×°ÅÇÏ¿© ¹«ÀåÀ» ´Ü´ÜÈ÷ Çß´Ù.
  ³ª´Â µµ¸ÁÇß´Ù. ¿À ¸¶³à¿©, ¿À ºÒÇàÀÌ¿©, ¿À Áõ¿À¿©,

  ³» º¸¹°À» ³ª´Â ³ÊÈñµé¿¡°Ô ÀÇŹÇß´Ù.
  ³ª´Â ³» Á¤½Å ¼Ó¿¡¼­ Àΰ£ÀÌ °¡Áú ¼ö ÀÖ´Â
  ¿Â°® Èñ¸ÁÀ» »ç¶óÁö°Ô Çϱ⿡ À̸£·¶´Ù.

  ±× Èñ¸ÁÀÇ ¸ñÀ» ºñÆ®´Âµ¥ Áñ°Å¿òÀ» ´À²¸,
  ³ª´Â ÀÜÀÎÇÑ Áü½Âó·³ À½ÇèÇÏ°Ô ³¯¶Ù¾ú´Ù.

  ³ª´Â Á׾¸é¼­ ±×µéÀÇ ÃÑÀڷ縦 ¹°¾î ¶âÀ¸·Á°í
  »çÇüÁýÇàÀÎÀ» ºÒ·¶´Ù. ºÒÇàÀº ³ªÀÇ ½ÅÀ̾ú´Ù.

  ³ª´Â ÁøÃ¢ ¼Ó¿¡ ÆÅ ¾µ¾îÁ³´Ù. ³ª´Â ÁËÀÇ ¹Ù¶÷¿¡ ¸öÀ» ¸»·È´Ù.
  ³ª´Â ±¤´ë¸¦ Àß ¼Ó¿© ³Ñ°å´Ù.

  º½Àº ³ª¸¦ ÇâÇØ ¹éġó·³ ¹«½Ã¹«½ÃÇÑ ¿ôÀ½À» ¿ô¾ú´Ù.
  ±×·±µ¥, ¿äÁò ¸¶Áö¸· ²¬¶± ¼Ò¸®¸¦ ³¾ Âû¶ó¿¡,

  ³ª´Â ¿¾³¯ÀÇ ÃàÁ¦¸¦ ´Ù½Ã ¿­¾îÁÙ ¿­¼è¸¦ ãÀ¸·Á Çß´Ù.
  ±×·¯¸é ¾Æ¸¶µµ ¿å¸ÁÀ» µÇãÀ»Áö ¸ð¸¥´Ù.

  ÀÚ¾Ö(í±äñ)°¡ ±× ¿­¼è´Ù--- ±×·± »ý°¢À» ÇÏ´Â °É º¸´Ï
  ³»°¡ Àü¿¡ ²ÞÀ» ²Ù¾ú³ªº¸´Ù.
  "³Ê´Â ÀÜÀÎÇÑ ³ðÀ¸·Î ³²À¸¸®¶ó....." µûÀ§ÀÇ ¸»À»,
 
  ±×Åä·Ï ¸ÚÁø ¾ç±Íºñ ²ÉÀ» ³ª¿¡°Ô ¾º¾îÁØ ¾Ç¸¶°¡ ´Ù½Ã ¼Ò¸®Ä£´Ù.
  "³×, ¸ðµç ¿å¸Á°ú À̱âÁÖÀÇ¿Í
  ¸ðµç ³ÊÀÇ ÁËÁ¾(ñªðó)À» Áû¾îÁö°í Á×À¸¶ó"


  ¿À! ³» ±×·± °ÍÀº ½ÇÄÆ ¹Þ¾Æµå·È´Ù. ÇÏÁö¸¸, »çźÀÌ¿©,
  Á¤¸» °£Ã»Çϳë´Ï, È­¸¦ ´ú ³»½Ã¶ó!

  ±×¸®°í ÇÏÂúÀº ¸î °¡Áö µÚ´ÊÀº ºñ°ÌÇÑ ÁþÀ» ±â´Ù¸®¸ç,
  ±ÛÀïÀÌ¿¡°Ô¼­ ±³ÈÆÀûÀÌ¸ç ¹¦»çÀûÀÎ ´É·ÂÀÇ °áÇÌÀ» »ç¶ûÇÏ´Â ´ç½Å¿¡°Ô

  ³» ³ªÀÇ ÀúÁÖ¹ÞÀº ÀÚÀÇ ¼öø¿¡¼­ º¸±âÈäÇÑ ¸î ÀåÀ» ¹ßÃéÇØ ÁØ´Ù.


  *ÁËÁ¾(ñªðó)  ±âµ¶±³¿¡¼­ ¸»ÇÏ´Â 7°³ÀÇ ÁÖµÈ ÁË
               ±³¸¸, Ž¿å, Þ÷ëâ, ÁúÅõ, ޽É, ºÐ³ë, Ÿ¸



Une Saison en Enfer    ***1.

                       - Arthur Rimbaud


Jadis, si je me souviens bien,

ma vie etait un festin ou s'ouvraient tous les coeurs,

ou tous les vins coulaient.


Un soir, j'ai assis la Beaute sur mes genoux.

 - Et je l'ai trouvee amere. - Et je l'ai injuriee.


Je me suis arme contre la justice.


Je me suis enfui. O sorcieres, o misere,

 o haine, c'est a vous que mon tresor a ete confie !


Je parvins a faire s'evanouir dans mon esprit toute l'esperance humaine.

Sur toute joie pour l'etrangler j'ai fait le bond sourd de la bete feroce.


J'ai appele les bourreaux pour, en perissant,

 mordre la crosse de leurs fusils.

J'ai appele les fleaux, pour m'etouffer avec le sable,

 avec le sang. Le malheur a ete mon dieu.

Je me suis allonge dans la boue. Je me suis seche a l'air du crime.

Et j'ai joue de bons tours a la folie.


Et le printemps m'a apporte l'affreux rire de l'idiot.


Or, tout dernierement, m'etant trouve sur le point de faire

 le dernier couac ! j'ai songe a rechercher la clef du festin ancien,

 ou je reprendrais peut-etre appetit.


La charite est cette clef. - Cette inspiration prouve que j'ai reve !


"Tu resteras hyene, etc..." se recrie le demon qui me couronna

 de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appetits,

 et ton egoisme et tous les peches capitaux."


Ah ! j'en ai trop pris : - Mais, cher Satan, je vous en conjure,

 une prunelle moins irritee !

 et en attendant les quelques petites lachetes en retard,

 vous qui aimez dans l'ecrivain l'absence des facultes descriptives

 ou instructives, je vous detache des quelques hideux feuillets

 de mon carnet de damne.


 

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