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Air Vif
- Paul Eluard
J'ai regarde devant moi
Dans la foule je t'ai vue
Parmi les bles je t'ai vue
Sous un arbre je t'ai vue
Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l'eau et du feu
L'ete l'hiver je t'ai vue
Dans ma maison je t'ai vue
Entre mes bras je t'ai vue
Dans mes reves je t'ai vue
Je ne te quitterai plus.
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±×°ÍÀº »ç¶÷µé¿¡°Ô ¹æ½ÉÇÒ ¿©À¯¸¦ ¾Ñ¾Æ°¡¹ö¸°´Ù. ±×°ÍÀº µ¹Ã³·³ ´Ü´ÜÇÏ´Ù,
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»õ´Â ¹Ù¶÷°ú µÚ¼¯À̰í, ÇÏ´ÃÀº Áø¸®¿Í
»ç¶÷Àº Çö½Ç°ú µÚ¼¯ÀδÙ.
Le Miroir D'Un Moment
- Paul Eluard (1895~1952)
Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images deliees
de l'apparence,
Il enleve aux hommes la possibilite de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
la pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son eclat est tel que toutes les armures,
tous les masques en sont fausses
Ce que la main a pris dedaigne meme de prendre
la forme de la main,
Ce qui a ete compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa verite,
L'homme avec sa realite,
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ÀÚÀ¯¿©.
Liberte
- Paul Eluard
Sur mes cahiers d'ecolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'ecris ton nom
Sur touter les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'ecris ton nom
Sur les images dorees
Sur les armes des grurriers
Sur la couronne des rois
J'ecris ton nom
Sur la jungle et desert
Sur les nids sur les genets
Sur l'echo de mon onfance
J'ecris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journees
Sur les saisons fiancees
J'ecris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'etang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'ecris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'ecris ton nom
Sur chaque bouffee d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne demente
J'ecris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie epaisse et fade
J'ecris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la verite physique
J'ecris ton nom
sur les sentiers eveilles
sur les routes deployees
Sur les places qui debordent
J'ecris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'eteint
Sur mes maisons reunies
J'ecris ton nom
Sur le fruit coupe en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'ecris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressees
Sur sa patte maladroite
J'ecris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu beni
J'ecris ton nom
Sur toute chair accordee
Sur le front de mes amis
Sur chaque main aui se tend
J'ecris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les levres attentives
Bien au-dessus du silence
J'ecris ton nom
Sur mes refuges detruits
Sur mes phares ecroules
Sur les murs de mon ennui
J'ecris ton nom
Sur l'absence sans desir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'ecris ton nom
Sur la sante revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'ecris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis ne pour to connaitre
Pour te nommer
Liberte.
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- Æú ¿¤·ò¾Æ¸£
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ÁÖÀÇ ±íÀº ´«ÀÌ ÀÖ°í
ÇÔ²² ³ª´©¾î¾ß ÇÒ »î »îÀÌ ÀÖ´Ù.
Et Un Sourire
- Paul Eluard
La nuit n'est jamais complete
Ill y a toujours puisque je dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenetre ouverte
Une fenetre eclairee
Il y a toujours un reve qui veille
Desir a combler faim a satisfaire
Un coeur genereux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie a se partager
³ªÀÌ´Â ¾øÀÌ
- Æú ¿¤·ò¾Æ¸£
½£¼ÓÀ» ÇâÇÏ¿© ¿ì¸®´Â °¡±îÀÌ °£´Ù
¾ÆÄ§ÀÇ °Å¸®¸¦ Áö³ª¼Æú ¿¤·ò¾Æ¸£, ¾È°³ÀÇ °è´ÜÀ» ¿Ã¶óº¸¶ó
¿ì¸®°¡ °¡±îÀÌ °¡¸é
´ëÁöÀÇ °¡½¿Àº ÆÄ¸£¸£ ¶³°í ¿©ÀüÈ÷ ´Ù½Ã ž´Â ÇÏ·ç
ÇÏ´ÃÀº ³Ð¾îÁö¸®¶ó ÀáÀº ÆóÇã ¼Ó¿¡¼
È޽İú ÇÇ·Î¿Í Ã¼³äÀÇ µÎÅÍ¿î ¾îµÒ ¼Ó¿¡¼ »ê´Ù´Â ÀÏÀº
¾ó¸¶³ª °ßµô ¼ö ¾ø´Â ÀÏÀ̾úÀ»±î ´ëÁö´Â ½Ì½ÌÇÑ À°Ã¼ÀÇ ¸ð½ÀÀ» ȸº¹Çϰí
¹Ù¶÷Àº °¡¶ó¾É¾Æ ¿ì¸®ÀÇ ´« ¼Ó¿¡ žç°ú ¾îµÒÀº
º¯ÇÔ¾øÀÌ È帣¸®¶ó
Sans Age
- Paul Eluard
Nous approchons
Dans les forets
Prenez la rue du matin
Montez les marches de la brume
Nous approchons
La terre en a le coeur crispe
Encore un jour a mettre au monde.
Le ciel s'elargira
Nous en avions assez
D'habiter dans les ruines du sommeil
Dans l'ombre basse du repos
De la fatigue de l'abandon
La terre reprendra la forme de nos corps vivants
Le vent nous subira
Le soleil et la nuit passeront dans nos yeux
Sans jamais les changer
Notre espace certain notre air pur est de taille <-
A combler le retard creuse par l'habitude
Nous aborderons tous une memoire nouvelle
Nous parlerons ensemble un langage sensible.
O Mes freres contraires gardant dans vos prunelles
La nuit infuse et son horreur
Ou vous ai-je laisses
Avec vos lourdes mains dans l'huile paresseuse
De vos actes anciens
Avec si peu d'espoir que la mort a raison
O mes freres perdus
Moi je vais vers la vie j'ai l'apparence d'homme
Pour prouver que le monde est fait a ma mesure.
Et je ne suis pas seul
Mille images de moi multiplient ma lumiere
Mille regards pareils egalisent la chair
C'est l'oiseau c'est l'enfant c'est le roc c'est la plaine
Qui se melent a nous
L'or eclate de rire de se voir hors du gouffre
L'eau le feu se denudent pour une seule saison
Il n'y a plus d'eclipse au front de l'univers.
Mains par nos mains reconnues
levres a nos levres confondues
les premieres chaleurs florales
Alliees a la fraicheur du sang
Le prisme respire avec nous
Aube abondante
Au sommet de chaque herbe reine
Au sommet des mousses a la pointe des neiges
Des vagues des sables bouleverses
Des enfances persistantes
Hors de toutes les cavernes
Hors de nous-memes.
Æú ¿¤·ò¾Æ¸£, Paul Eluard (1895~1952)
ÃÊÇö½ÇÁÖÀÇ ½ÃÀÎÀ¸·Î¼, ¶ÇÇÑ ¿·ÄÇÑ ÀúÇ×½ÃÀÎÀ¸·Î ºñ±³Àû ´Ù¾çÇÑ ¹®ÇÐÀû »ý¾Ö¸¦ º¸³½ ¿¤·ò¾Æ¸£´Â
1936³â ½ºÆäÀÎ ³»¶õ ÀÌÈÄ µÚ´Ê°Ô Á¤Ä¡Àû ¿òÁ÷ÀÓ¿¡
Âü¿©Çϱ⠽ÃÀÛÇÏ¿´°í, ÀüÀï Áß Ç×µ¶¿îµ¿¿¡ °¡´ã ÇÏ¿´´Ù.
ÇÏÁö¸¸ ´Ù¸¥ Âü¿©½ÃÀÎµé º¸´Ù´Â ÈξÀ ³Ê±×·´°í ¿Â°ÇÇÏ¿©, ¼ø¼öÇÑ ½ÃÀÎÀ¸·Î¼ÀÇ ±âÁú°ú õºÐÀ» °¡Á³°í
½ºÆäÀÎ ³»¶õ ÀÌÈÄ ¸Å¿ì ÀüÅõÀûÀÎ ½Ã¸¦ ¾²±â ½ÃÀÛÇÏ¿´À¸³ª, ¾îµò°¡ ü³äÀÇ ¿©Áö°¡ ±êµé¿© ÀÖ°í, ÃÊÇö½ÇÁÖÀÇÀÇ ÈçÀûÀÌ ³²¾ÆÀÖ´Ù.
ÁÖ¿äÀÛǰ: °í³úÀÇ ¼öµµ(Capitale de Douleur)1926,
Á÷Á¢ÀûÀÎ Àλý(La Vie Immediate)1932, ½Ã¿Í Áø½Ç(La Poesie et la verite)1942 µî
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